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26.04.2007

Presque la fin des restitutions, bientôt le début des propositions

Nous avions un peu ralenti, nous allons de nouveau accélérer le rythme, c'est le moment de suivre ce qu'il se passe sur le blog (dont le succés ne se dément pas, pret de 1 000 visiteurs par mois). Vous trouverez donc dans les 8 notes qui suivent la restitution des entretiens individuels menés par Dominique Moraine. Celles-ci se décomposent en autant de questionnement à partir de ce que vous lui avez dit :

1.      Les jeunes 

2.      Nos pratiques 

 

3.      Le rôle et la fonction de conseiller :

4.       La notion du « temps »

5.       La mission locale et son environnement

6.       Acquits et déficits

7.       L’égalité des droits et des devoirs

8.       Les missions locales et le monde économique et social

La synthèse des 4 réunions régionales va suivre dans la première semaine de mai.  Nous terminerons ainsi la première phase d'écoute du réseau dans cette recherche action (enfin pas tout à fait puisque un travail d'interview a commencé auprès d'administrateur de ML, nous y reviendrons). Nous enchainerons alors en mai/juin sur la phase "proposition" de changement et d'évolution pour les ML. Le comité de pilotage a commencé à poser des hypothèses, nous les publierons au fur et à mesure, et nous espererons bien qu'elles feront l'objet d'un vaste débat entre nous, et qu'ainsi, collectivement, nous seront en mesures de proposer une véritable refondation des ML. Il restera à savoir dans quel contexte. Nous le connaitrons après le 6 mai, mais, qu'elle que soient les futurs gouvernants, nous voulons être acteur et porteur de solutions et de progrès pour réussir l'insertion des jeunes. Ensemble, nous le seront, si nous le voulons...

Serge Papp

LES PROBLEMATIQUES : 1. Les jeunes

 A.      Qui sont-ils ?

B.      Que veulent-ils ?

C.      Que peut-on leur proposer ?

D.      Quel est notre rôle vis à vis d’eux ?

E.      Quelle est notre responsabilité ?

F.      Les connaît-on vraiment ?

G.      A quoi notre reconnaissance sert-elle ?

LES PROBLEMATIQUES : 2. Nos pratiques :

A.      L’approche globale : Une marque de fabrique, Une obligation.

B.      Les conséquences de l’approche globale en termes d’organisation : Elaboration d’une réponse globale à une demande particulière ou à un cas particulier.

C.      La parcellisation du travail : logement, santé, soutien psychologique, aide aux familles, à l’enfance : de la nécessité de compétence dans le « faire avec » les partenaires, être acteur de la mise en action des compétences d’autrui.

D.      L’isolement du conseiller : l’étude de cas, les méthodologies d’entretien, de l’utilisation des dispositifs.

E.       Du traitement de l’accueil du jeune, de la relation qu’on instaure dès son arrivée à la mission locale et de la gestion du temps entre son inscription à la mission locale et son suivi par un conseiller référent.

F.       L’échange de pratiques dite bonne mythe ou réalité : au sein de l’équipe mission locale (on parle d’équipe et pas de petite entreprise, ni même d’association) entre les missions locales et entre les différents acteurs participant des dynamiques d’insertion.

LES PROBLEMATIQUES : 3. Rôle et la fonction de conseiller

A.      Qu’est-ce qu’un conseiller ?

B.      Sa responsabilité.

C.      Ses droits et devoirs.

D.      Que fait-il ? Pourquoi ? Rend-il compte ? De quoi ?

E.       Comment participe-t-il de l’élaboration collective de la mission locale ? En quoi est-il acteur d’un projet, du projet ?

F.       La professionnalisation ? Indispensable du métier a-t-elle porté atteinte à l’esprit « militant », pièce angulaire de la construction des missions locales ?

G.      Comment le conseiller fait-il participer l’ensemble de la structure au projet qu’il initie ? Comment les directions de missions locales (élus et direction hiérarchique) intègrent-elles l’innovation, l’action spécifique ?

H.      L’entretien, les entretiens, l’établissement « relation de confiance », le diagnostic partagé et l’élaboration d’une stratégie permettant la socialisation des jeunes.

I.        Parcours de vie ou gestion d’un temps existant entre la sortie du système scolaire et la mise à l’emploi ?

J.        Les missions locales au travers du conseiller sont-elles en capacité de diagnostiquer, d’orienter, et de suivre l’existant des jeunes et le parcours chaotique des jeunes ?

LES PROBLEMATIQUES : 4. La notion du « temps »

A.      Le temps de l’accueil : ce qu’est une mission locale, un lieu différent ou le rapport personnel est fondamental.

B.      Le temps de l’attente : d’un rendez-vous avec le conseiller, entre deux rendez-vous, d’une formation, d’un emploi.

C.      Le temps : la revendication de l’immédiat émanant des jeunes et la nécessité d’élaborer un parcours qui prend du temps (ils veulent tout tout de suite….) La demande faite par la société d’élaborer et de construire un projet d’insertion, de vie.

D.      Le temps du conseiller : pris dans la contradiction entre la demande des pouvoirs publics (tant de CIVIS, tant de mise à l’emploi, tant de formation, tant de jeunes reçus, tant de saisies parcours P3, etc…) et la demande ou la non demande des jeunes, le conseiller ou le salarié ne se trouve-t-il pas dans des contradictions insurmontables.

E.       Appréhendé par les jeunes comme un référent de la politique de l’emploi et de la jeunesse, le conseiller est en fait au carrefour des politiques publiques de l’emploi, de la jeunesse, de la santé, de la culture, du logement, de la ville…. Bref un ensemble de politiques publiques sensées répondre aux attentes de la population dans ses droits essentiels : en a-t-il conscience, ou agit-il dans son quotidien en réparation sociale avec le flot de motivations diverses et dont certaines, de manière fréquente apparaissent dans les entretiens (je veux réparer, j’ai été mal orienté, j’ai été au chômage, je sais ce qu’est être adolescent, et c’est pas facile)….

LES PROBLEMATIQUES : 5. La ML et son environnement :

A.      Les politiques publiques : d’emploi, d’accompagnement des jeunes, le droit du travail, est-ce un cadre imposé ? Quel rôle peut-on jouer ? Comment se les approprier ? Comment les rendre efficientes, performantes, et surtout comment comprendre l’ensemble des politiques publiques, leur mise en cohérence, et leur logique ?

B.      Les politiques publiques sont-elles cohérentes ?

C.      Comment gérer les politiques publiques et leurs différents niveaux : Union européenne, Etat, Région, Département, Communauté d’agglomération et de communes, Communes, au sein du territoire, mais également au sein de la mission locale en terme d’équipe et de relation mission locale/pouvoirs publics différant en raison des micro-territoires concernés.

D.      Le service public de l’emploi : se rendre acteur du service public de l’emploi, force participante, voire moteur, ou subir l’impulsion donnée par les pouvoirs publics à la concentration des acteurs de la politique de l’emploi (cf. les maisons de l’emploi).

E.       La mission locale est-elle un acteur du développement local : quelle action d’expertise sur les compétences territoriales, sur la mobilisation des acteurs du champ économique et social afin de les sensibiliser autour de la commande publique nécessaire à la réalisation d’un travail durable et pérenne sur les politiques jeunesse.

F.       Quelle politique mener en direction des partenaires, avec les partenaires, quelles exigences, quels apports, et quelles implications dans leur logique (participation au conseil d’administration, élaboration de constats partagés, définition de politiques communes, d’actions communes, élaboration de plans de formation adaptés et de méthodes d’évaluation communes, suivi partagé des parcours de jeunes : sélection des jeunes, exclusion des jeunes des centres de formation, etc.).

G.      Mission locale : Association ou service public ?

LES PROBLEMATIQUES : 6. Acquits et déficits

A.      Un million de jeunes reçus, etc…. au delà des statistiques, les missions locales : quelle est leur fonction ? la paix sociale, l’outil d’une politique globale ciblée en direction des jeunes, un déversoir pour les services sociaux et l’ANPE, un observatoire des situations locales de la jeunesse participant à l’élaboration de politiques appropriées, un simple exécuteur de dispositifs publics (avant-hier le CFI, hier TRACE, aujourd’hui CIVIS et CIVIS renforcé…) voire le relais de conventions conclues entre l’Etat et certains partenaires comme le PAVA, dispositif résultant d’un accord entre l’Etat et l’AFPA.

B.      La confiance d’une partie de la jeunesse ou pour le moins sa non-indifférence quant à l’existence de structures dans lesquelles on est reçu comme un individu et non comme un numéro d’identification, un lieu où même si, on n’a pas une demande précise on peut aller, un lieu de secours, mais aussi un lieu où les jeunes peuvent trouver une écoute, un dialogue, une solution, entrevoir autre chose que l’anonymat et la consultation passive d’annonces auxquelles ils ne croient plus, mais aussi un lieu de ressources financières, de « bons plans » (reproche-t-on à un Rmiste ou à un SMICard d’utiliser les leviers de la politique d’aide au logement, de parent isolé, etc…)

C.      Le public des missions locales ? Resituer dans son contexte les chiffres qui attesteraient d’une élévation de niveau du public accueilli à la lumière de l’accroissement du fossé au sein de la jeunesse entre « jeunes diplômés » de quelque niveau que ce soit, « jeunes sortis du système scolaire sans qualification », « jeunes des banlieues », « jeunes ruraux » et « jeunes citadins » : les missions locales doivent-elles accueillir tous les jeunes, ou seulement la partie des jeunes considérés comme « les plus défavorisés », « les plus éloignés de l’emploi », et, ce faisant, ne participerait-elle pas d’une conception caritative des politiques publiques, d’une discrimination positive, d’une politique visant  en définitive, à contribuer à la relégation d’une partie de la jeunesse dans « l’inemployabilité », la « ghetto-isation », on peut mettre cela aussi en relation avec l’élévation du degré d’exigence des employeurs quant aux « pré-requis » des candidats (diplômes et lettres de motivation exigés pour des emplois de très basse qualification), plusieurs conseillers ont soulevé cette question notamment il est fait état dans deux missions locales de demandes inconsidérées d’employeurs pour des postes de femme de ménage.

D.      La capacité de réactivité des missions locales sur des problématiques lourdes due en grande partie à la culture des professionnels dont le centre est l’approche globale. Il est reconnu par certains acteurs et selon les territoires des compétences de toutes natures et les missions locales sont perçues comme des acteurs essentiels indispensables à la réalisation d’objectifs desdits acteurs (reconnaissance du rôle des missions locales, dans les actions de suivi et d’aide à l’insertion des jeunes détenus, cf. Bois d’Arcy, mission locale de Saint-Quentin-en-Yvelines, financement de postes en mission locale à Saint-Etienne et Sevran, détection des candidats à la formation et à l’emploi, ce, dans toutes les missions locales, tutorat de jeunes issus de la mission locale, recrutés en entreprises et évaluation conjointe entre les chefs d’entreprise et les référents mission locale, acteurs de la mise en réseau de l’économie solidaire de la formation et de l’insertion sur un territoire, comme à Maubeuge, forte implication d’une mission locale dans le projet de la construction de Saint-Etienne Métropole, et donc de la politique de la ville par la mission locale de Saint-Etienne, au travers, notamment, du financement par Saint-Etienne Métropole d’un demi-poste d’un chargé de projet de la mission locale sur la clause sociale incluse dans l’attribution des marchés publics, etc…).

LES PROBLEMATIQUES : 7. L’égalité des droits et des devoirs

A.      Dans toutes les missions locales, les salariés, au cours des entretiens, ont fait état des enchevêtrements de dispositifs et de politiques ciblées qui aboutissent, de fait, à une inégalité de traitement ; les jeunes en témoignent de manière véhémente, à juste titre ; par ailleurs les conseillers font état d’une surcharge dans leur travail d’accompagnement, voire d’obstacles dans l’explication nécessaire à donner à un jeune sur les causes et les raisons de son inéligibilité à tel ou tel dispositif (ex : Z.U.S….), de sa sortie de tel dispositif (l’exemple des PLIE est significatif et cité de manière récurrente), du CIVIS à un CIVIS renforcé, etc….On notera également les différences notables en termes de formation proposées selon les régions et donc des « discriminations » territoriales.

B.      Des politiques sociales qui dépendent de conseils généraux, de communautés d’agglomération ou de communes, de centres communaux d’action sociale, différentes, voire très différentes, avec comme implication des missions dévolues aux missions locales très différentes les unes des autres ; telle mission locale, va, ainsi, distribuer des aides directes pour la restauration des jeunes issus d’une Z.U.S. qui sont en formation, ceux qui n’habitent pas en Z.U.S. n’y ont pas droit, d’autres vont octroyer des « chèques mobilité » voire des titres de transport, alors que certains vont diriger le demandeur au C.C.A.S. : tous les cas de figure sont possibles.

C.      Par ailleurs, ces relations à un travail social classique, si elles font partie, selon les conseillers,de l’approche globale, ne doivent pas être prégnantes dans la démarche commune du jeune et du conseiller d’élaboration et du parcours de socio-professionnalisation ; bien évidemment, derrière cette question, un problème est fondamental : dans la construction du rapport entre le conseiller et le jeune, la notion de l’argent (et du pouvoir de décision des montants alloués) dans les limites définies par la loi au conseiller interpelle de nombreux conseillers. Ceux-ci estiment, pour bon nombre d’entre eux, nécessaire de refuser d’instaurer un rapport relevant du marchandage (qu’il soit provoqué par le jeune : « si je rentre en formation, si je signe un contrat CIVIS, qu’est-ce que ça me rapporte ? qu’est-ce qui est le plus intéressant financièrement, combien je gagne si je fais ça ? si j’accepte… Quel est le plus rentable immédiatement… » et le conseiller coincé entre la demande sociale et son honnêteté professionnelle visant à utiliser les dispositifs et les outils lui semblant être les mieux adaptés au diagnostic qu’il a établi, fait plus ou moins partager au jeune, et commencer à entreprendre le travail d’accompagnement dans ce processus d’insertion sociale et professionnelle.

LES PROBLEMATIQUES : 8. Les ML et le monde économique et social

A.      Les missions locales semblent être en recherche permanente de reconnaissance de leur action et de démontrer la nécessité de leur existence : la recherche des financements, constituant une part importante voire essentielle de l’activité des cadres et des directions.

B.      Les partenaires sociaux sont quasiment absents des structures d’animation (conseils d’administrations, ou autres organismes ad hoc) et s’ils sont présents ils semblent faire d’après les directeurs de la figuration

19.04.2007

Une histoire dans le réseau, le réseau et un peu de son histoire

En septembre 1983, je fais mon entrée en tant que salariée à la Mission Locale. C'est un lundi matin, c'est réunion de service, quelques salariés, et beaucoup de Mises à Dispositions diverses entourent le Directeur.

4 heures plus tard, à la fin de cette 1ère « grand messe » je m'interroge : pourquoi la ML travaille t-elle avec la banque ? (sigle CIO – que je n'ai pas identifié comme Centre d'Information et d'Orientation, et que personne n'a jugé utile de me décoder !),

Bienvenue !

Pourquoi j'avais été recrutée ? Moi toute jeune (autant que le public ou presque, puisque j'ai 24 ans) Moi qui ai obtenu le BAC, mais qui n'ai pas poursuivi d'études, ni été poursuivie par elles... Moi qui ait si peu travaillé ( j’ai déjà 2 enfants)...

En fait, je travaille depuis 2 ans dans un organisme de formation, et j'occupe un poste de monitrice technique dans un atelier d'insertion (nettoyage) monté depuis peu par cet OF. Public jeune, responsabilités, connaissance d'un environnement à la fois social et culturel.

Mes fonctions : créer une dynamique dans l'esprit Schwartz : « faire faire », « ne pas faire à la place des autres » et « faire avec ». Exit le YAKA, FAUQUON, mais vive le CREONS ! Rassembler tous les acteurs de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes et faire ensemble pour résorber le chômage.

Embauchée avec un CDD de 3 mois, je quitterai la ML 23 ans plus tard, nous étions 8  salariés en 1983, ils sont plus de 100 quand je démissionne en mai 2006.

Je vais rester sur ces fonctions de 1983 à 1989.

J'ai connu le démarrage de cette antenne seule, puis avec un TUC, secrétariat à ½ temps, puis avec le CFI, l'embauche d'une collègue conseillère.

Ainsi donc d'une antenne-permanence en 1983, 6 ans plus tard, en 1989, une équipe décentralisée prenait forme.

1985 : j'adhère à la CFDT je me sens un peu « perdue  car à l'époque je me retrouve essentiellement avec des salariés de l'AFPA, de la DDTEFP , et l'ANPE, et les réalités professionnelles de ces institutions et les nôtres me semblent bien éloignées, et les moyens d'agir, on ne peut plus disproportionnés. Ceci étant, je démarre très vite sur des fonctions représentatives – DP

1989 : Le Crédit Formation Individualisé. Il y avait eu des changements de gouvernements déjà, de politique, de ministres, mais pour moi 1989, c'est vraiment la 1ère rupture – fracture pour la ML.

Jusqu'à présent, nous étions  « maîtres chez nous », tandis que là, les directives allaient changer la face (interne et externe) de notre structure,

Premières pressions chiffrées : des résultats quantitatifs

Changement aussi dans les relations avec l'employeur : le cerce s'agrandit, rien n'est plus à la bonne franquette, on ne discute plus aussi librement du fond. Il va falloir commencer à rentrer dans le rang (lequel ?), et faire ce que la Direction nous demande de faire, parce qu'elle même commence à dépendre encore plus sérieusement des financeurs.

1990 : 1ers déplacements syndicaux sur Paris pour une mise en commun sur nos métiers ML /PAIO, ces échanges qui donneront lieu ultérieurement à la naissance du SYNARIJ-CFDT (Syndicat National du réseau d’insertion Jeune, qui deviendra Synami en 2003).

1993 : les équipes des antennes sont maintenant assez conséquentes, et il serait de bon ton localement, de « coordonner l'affaire »... Un audit aboutit à la création d'un poste supplémentaire dans l'encadrement, fonction principale : coordination des antennes.

1994 : nous réalisons un gros travail syndical que nous allons défendre chez nos principaux administrateurs (DDTEFP, ANPE, etc..). Ce travail d'analyse porte sur les choix d'organisation de la ML : nous souhaitons alerter sur « la grenouille qui veut être plus grosse que le boeuf ». Faire le choix de renforcer l'encadrement et l'administratif au siège et dans les antennes nous inquiète. D'ailleurs avoir un siège qui se distingue d'une antenne, n'est il pas déjà avant coureur d'une sorte de « fonctionnarisation - administration »? Nous sommes alors porteurs d'une proposition d'un recentrement sur les quartiers, y compris pour l'encadrement afin que celui-ci ne perde pas la mesure du terrain, du quotidien !

1994, c'est aussi l'année de la signature du premier accord d'entreprise, négocié sur la base des avantages en usage depuis la création de la ML

La Mission Locale a déjà 10 ans.

Le personnel recruté au fur et à mesure des financements divers et variés mais jamais pérennes, l'est de plus en plus sur une notion de diplôme, avec en « légère » trame de fond la connaissance du public ou une expérience similaire.

Les salaires proposés ne tentent pas énormément les candidats masculins, surtout si on tape dans le BAC +, et puis cette relation d'aide, ce travail dans une mission semble être du ressort de la gent féminine !! Ah si j'allais oublier, il y a eu un moment donné, l'ouverture d'un poste en lien avec l'entreprise, mais là, on recherchait activement un homme pour occuper le poste, « car l'entreprise, tu comprends !! »

Bref, la composition des équipes change, en terme de nombre et de niveau.

Si au moment de l'agrément des correspondants Région, notre Directeur a su imposer sa liste de conseillers pas tous et loin de là) BAC +, on sent une tendance au durcissement.

Les choses seront nettement plus tranchées au moment des Emplois Jeunes, car pour le coup, aucune négociation possible, sur les 11 postes (fonction : animateurs d'espace auto documentation – lien direct avec le public), c'est BAC + 2 minimum et tant pis si on écarte du coup des profils autres mais intéressants du point de vue de l'engagement militant de terrain.

Nous commençons donc à avoir sérieusement un salariat à plusieurs vitesses, et des fonctions à plusieurs vitesses :

- Les secrétaires d'antennes recrutées sur des contrats aidés (peu de diplôme, pas plus que niveau V – mais pour être secrétaire c'est pas grave..).

- Les animateurs sur des Emplois Jeunes niveau BAC + 2

- Des conseillers vieux, qui connaissent le terrain pour l'avoir appris sur le tas, des conseillers jeunes qui ont fait des études !!

- Un « service EMPLOI » où on est spécialiste et où on fait que de l'emploi

- Un « service SANTE » où on recrute un médecin

- Un « SIEGE » avec tous les chefs de ces services là qui font travailler dans les quartiers une « armée » de conseillers, en fonction des dispositions ou des dispositifs.

Le tout pas nécessairement prévu dans notre accord local, ce qui aboutit à une grève en 1999, par rapport aux métiers et conditions d'exercice de ces métiers.

Des conceptions du métier commencent à se faire jour et à se heurter – les uns ont du mal à reconnaître les autres.

1999, c'est aussi le début sérieux des négociations pour une convention collective des ML. Je vais à une formation syndicale organisée par le Synami, je suis la seule nana, avec une grande gueule en plus, et je me retrouve à la table des négos (pour de vrai) ! Et c’est super car au final, l’expérience a été on ne peut plus enrichissante.

2000 – 2001 Négociation puis signature de la CCN. Le SYNARIJ tient tête aux partisans d'une grille de classification tout diplôme.

Les Missions Locales ont presque 20 ans, et le paysage est aussi divers que varié ! Des grosses, des petites, des toujours pluri disciplinaires et des segmentées, tout et son contraire dans cette jungle.

L’application de la CCN a un coût certes, mais elle donne l’occasion de remettre (reclassement), chacun à sa place dans la bonne case.

Sur le terrain, je commence à entrevoir le problème du découpage Conseiller 1, Conseiller 2 et Chargé de Projet. En gros, dans ma ML, -mais étions nous si atypiques que ça ?- c’est :

 -Le C1 c’est le débutant et le conseiller + social (l’accompagnement) ;

- Le C2 c’est celui qui est mis à disposition des PLIE (emploi), et ceux qui distribuent des sous (FAJ) ;

- Les Chargés de Projets sont ceux qui vont réfléchir avec la Direction et du coup, une strate supplémentaire et intermédiaire est née : le comité de direction élargi.

Les politiques, qui finalement ne se sont peut-être pas beaucoup impliqués (ou impliqués de manière inégale) ont « laissé faire » nombre de directions à la fois pour les objectifs à poursuivre et sur les méthodes (donc le recrutement) pour y parvenir.

Et comme globalement « ça le faisait »...... personne ne s’est trop posé de questions jusqu’à maintenant, et le début d’une Maison de l’Emploi sur le territoire.

Des crédits CIVIS viennent à point nommé « enrichir » les budgets, des embauches « spécifiques » sur des enveloppes spécifiques sont réalisés en grand nombre.

Grand coup de canif dans le texte de la CCN : les CDD refleurissent à cette occasion !

Au moment où les ML apparaissent dans le Code du Travail, la MDE pointe son nez, et au travers de jeux de rivalités ou de connivences (toujours politiques) fait le jeu ou non des acteurs en place.

A.L

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