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23.03.2007

Si vous souhaitez réagir...

Bonjour à toutes et à tous,

Afin de répondre aux nombreuses sollicitations des un(e)s et des autres concernant le mode d'utilisation du blog, nous vous proposons un petit "mode d'emploi" afin que vous puissiez réagir "en direct". Ce document est en consultation dans la rubrique "Dossier de présentation" en haut, à droite : "Quelques conseils pour l'utilisation du blog".

Rappel de la signalétique utilisée sur le blog :

C = pour les contributions individuelles (C1, C2 etc.)

GR = pour les groupes régionaux (GR1, GR2 etc.)

De plus, souhaitant vous faciliter le repérage des nouveaux documents dans les rubriques "Ils écrivent..." et "A voir ou écouter...", nous avons opté pour un classement numérique. Ainsi, le document le plus récent dans sa mise en ligne apparaitra toujours en tête de chaque liste.

Aussi, n'hésitez (plus) pas !

Les coordonnateurs

PS : sachez toutefois que nous nous réservons le droit de retirer de la publication tout commentaire que nous jugerions irrévérencieux (autrement dit, nous effectuons en amont une modération, pour le respect de tous)

15.03.2007

La rencontre de Rennes et la suite

medium_Bertrand_Schwartz_005.jpg La réunion régionale Bretagne/Pays de la Loire le 1er mars à Rennes a été un nouveau temps fort dans la recherche action.

D’abord par son succès, 75 salariés étaient présents venant de 17 ML. Cela nous laisse pourtant des regrets, nous avions dû bloquer très vite les inscriptions et refuser du monde, l’expérience nous a appris que c’est la participation maximum possible pour avoir un peu de temps pour échanger collectivement.

Ensuite, par la richesse des contributions collectives, et qu’il me soit permis de m’étonner et de saluer encore la capacité des collègues à poser les problèmes, à en débattre, et à les restituer dans des synthèses très claires et organisées. Décidément, il y a de la ressource dans ce réseau.

Enfin, ceux qui était présent se rappelleront sans doute longtemps du « souffle », et même de l’émotion, de l’intervention de conclusion de Bertrand Schwartz. La réunion ayant été filmé, nous allons chercher à mettre à votre disposition des extraits vidéo de cette intervention.

La recherche-action va maintenant rentrer dans une nouvelle phase. Que se soit lors des 4 réunions régionales ou lors d’entretien individuel, prêt de 300 salariés ont d’ors et déjà directement participé aux échanges autours de la question « que faut-il changer dans les ML ? ». Le matériel ainsi recueilli est considérable, il faut l’analyser, l’organiser, et commencer à faire des propositions d’évolution et de changement. Nous allons donc durant les semaines qui viennent « lever le pied » sur les rencontres et « s’enchaîner » à nos claviers, ou stylos pour ceux de la vieille école. Ces analyses seront discutées dans le comité de pilotage, et pour rester fidèle à notre méthode initiale, nous publierons dans ce blog, à l’usage de tous, les analyses, les documents, les contributions, et les propositions qui seront produites (et celles que vous continuerez à nous apporter bien sûr). Chacun pourra s’en saisir, pour poser de nouvelles questions et faire de nouvelles propositions. Dans cette phase qui s’ouvre, ce blog sera essentiel pour mutualiser nos apports, il sera notre lien dans la dynamique collective qui c’est créé. Mais comme nous pensons que l’humain doit être au cœur de nos pratiques en direction des jeunes, il serait paradoxal de se contenter de ce lien virtuel entre nous, et nous allons également réfléchir à l’organisation de nouveaux regroupement régionaux pour débattre ensemble de ces propositions.

La troisième phase sera celle de la détermination des moyens d’action pour évoluer et changer, mais de cela nous aurons l’occasion de reparler, nous sommes pressés certes, il y a des enjeux et des bouleversements politiques prévisibles à courts terme – c’est un euphémisme - mais il faut aussi prendre le temps d’aller au jusqu’au bout de la démarche de refondation que nous vous proposons. C’est une contradiction à gérer, mais Bertrand nous l’a redit à Rennes, une telle démarche de questionnement et d’évolution n’a en réalité pas de fin, c’est tout le mal que l’on peut se souhaiter pour que vive ce réseau et une certaine conception – efficace- de l’insertion...

Vous trouverez maintenant dans le blog le compte-rendu de la rencontre de Rennes, sous la forme habituelle, une note reprenant les thémes abordés telles que nous avon pu les retranscrire, puis le détail de la contribution des groupes de réflexion. 

Serge Papp

Compte Rendu des groupes de Bretagne/Pays de la Loire du 1er mars 07

I.- Un Etat des lieux

1.1.            la Dévalorisation du métier

— Les missions sont dénaturées. Les conseillers perdent leur identité

— Les objectifs ne sont que chiffrés 

— L’objectif « emploi », le seul qui compte, se fait au détriment de l’accompagnement et de la relation aux jeunes et du travail partenarial. Et en plus on fait croire qu’on peut l’atteindre et ce n’est pas vrai

— Les salariés sont fatigués, isolés souffrent.

— Et ils se sentent même méprisés.

— Ils se sentent manipulés parce que formatés.

— La précarité de l’emploi des conseillers pèse lourd.

1.2.-  Ils sont instrumentalisés

1.2.1.- Par le problème du temps

1.2.2.- Par les politiques nationales ; on est « au service du politique »

1.2.3.- Les logiques ont changé

1.2.4. – La relation avec l’ANPE

1.2.5.- La perte de la qualité et des valeurs

1.2.6.- Le problème du financement

1.2.7.- Les problèmes avec les Directions et la Convention Collective

1.2.8.-L’évaluation est n’importe quoi, et le manque de reconnaissance est grave

1.2.9.- Conséquences

II.- Et des quantités de propositions.

2.1.- Rénover la conception de la médiation

2.2.-Rénover la conception de la Missions Locale. Réaffirmer les missions des Missions Locales

2.3.- Faire participer les conseillers aux décisions

2.4.- Réorganiser le management

2.5.  - Introduire du collectif

2.6.- Relancer l’innovation

2.7.- Restructurer le réseau

2.8.- Et un nouveau statut

GR 23. Un Etat des lieux (Rennes)

1.1.            la Dévalorisation du métier

— Les missions sont dénaturées. Les conseillers perdent leur identité

º Ils deviennent des exécutants adaptables, des commerciaux

º  Ils ne font plus qu’appliquer des méthodes de commerce

º  Ils deviennent des fournisseurs

º  Ils perdent constamment leur légitimité

º  Ils n’ont plus de marge de manœuvre.

— Les objectifs ne sont que chiffrés 

º    La pression des  chiffres à rentrer est considérable

º Seule la rentabilité financière compte ;

º On est condamné à chasser le jeune éligible aux mesures rentables ;

º On doit mettre les jeunes dans des cases ;

º Les mesures et programmes ne sont pas en cohérence avec les besoins ;

º  Le travail d’accompagnement perd sa valeur, il est jugé de plus en plus comme un assistanat.

— L’objectif « emploi », le seul qui compte, se fait au détriment de l’accompagnement et de la relation aux jeunes et du travail partenarial. Et en plus on fait croire qu’on peut l’atteindre et ce n’est pas vrai

º   De plus en plus on gère le flux au détriment de la relation avec le jeune.

º Ils parlent de « mille feuilles du dispositif » et de « parties de ping pong ;

— Les salariés sont fatigués, isolés souffrent.

º Il y a surcharge de travail ;

º Les moyens ne sont pas à la hauteur des commandes ;

º La solitude est grave ; le manque de prise de parole est flagrant ;

º   La complexité des parcours pèse lourd.

— Et ils se sentent même méprisés.

º  Ils disent que parce qu’ils sont militants, ils sont des « emmerdeurs » , des ennemis ;

º  Ils ont souvent honte de ce qu’ils font ;

— Ils se sentent manipulés parce que formatés.

º  L’Etat ne respecte pas les engagements, ils ne peuvent donc pas honorer leurs contrats, et, d’ailleurs, ils ne peuvent pas signer des conventions réalisables.

º    Ils sont mécontents de voir que les jeunes ne s’y retrouvent pas, parce qu’on ne peut plus leur tenir des discours cohérents.

— La précarité de l’emploi des conseillers pèse lourd.

º         Le financement est un piège.

º        Les conditions de travail sont aléatoires, variant avec le financement de l’année.

1.2.-  Ils sont instrumentalisés

1.2.1.- Par le problème du temps

º        Pas de temps de coordination

º        Poids du travail administratif

º        On passe plus de temps à rendre compte quantitativement qu’à agir et réfléchir

1.2.2.- Par les politiques nationales ; on est « au service du politique »

º        Il n’y a pas de lecture locale des dispositifs nationaux

º        Ils doivent remplir « les objectifs liés aux financements »

º        Le contrôle ne se fait que par des indicateurs chiffrés

º        Les mesures et programmes ne sont pas en cohérence avec les besoins

º        Il y a de trop nombreux donneurs d’ordres

º        Les projets nous mettent dans une dynamique de l’urgence et du manque d’anticipation

º        Le partenariat est mis à mal ; il y a concurrence entre partenaires.

1.2.3.- Les logiques ont changé

º        Les Missions Locales se mobilisent surtout dans la gestion des restrictions.

º        Il n’y a que la logique des résultats, en particulier

º        La logique du remplissage se fait au détriment de l’approche des besoins

º        L’objectif emploi se fait au détriment du travail avec les jeunes, et le partenariat l’outil P 3

º        On gère des portefeuilles

º        Les logiques et les critères des financeurs viennent  heurter la logique des terrains

º        L’obligation de répondre à des commandes et des dispositifs modifient la relation au jeune et l’implication de la Mission Locale ,

º        Les injonctions nous lient les pieds et les mains

º        Alors qu’on essaie avec eux d’être dans la vraie vie, on nous insère dans les dispositifs º        Il y a dérive d’anticipation de notre structure.

1.2.4. – La relation avec l’ANPE

º        On en devient des sous-traitants ; or, les conceptions sont différentes ; cela brouille la mission, l’identité

º        Les Missions Locales s’inclinent devant l’ANPE

º        Cela amène une perte de la reconnaissance

º        Clarifier la différence entre ANPE et Missions Locales

º        Revenir à la cohérence entre ANPE et Missions Locales

1.2.5.- La perte de la qualité et des valeurs

º        Comment garder nos valeurs dans ce contexte ?

1.2.6.- Le problème du financement

º        L’important, c’est d’avoir des ressources pour monter des actions

º        C’est ce qui rapporte de l’argent qui devient la base de l’accompagnement.

1.2.7.- Les problèmes avec les Directions et la Convention Collective

º        Les Directions sont seulement sur l’administratif

º        Le poids de la hiérarchie infantilise les salariés

º        Et la Convention Collective a augmenté le poids hiérarchique, et génère une non reconnaissance des compétences.

1.2.8.-L’évaluation est n’importe quoi, et le manque de reconnaissance est grave

º        Les C.R. aux financeurs ne mettent pas en valeur les réels problèmes des jeunes ;

º        L’absence de reconnaissance gêne l’initiation d’actions innovantes

º        Notre travail auprès des jeunes n’est réalisé qu’à travers le placement dans l’emploi et le travail sur l’écoute et l’accompagnement se réduit ;

º        Notre public –parce que ne votant pas- n’intéresse pas les élus ;

º        L’absence de communication rend la lisibilité difficile, d’où question : serait-ce de là que vient la faiblesse d'image ?

1.2.9.- Conséquences

º        On est trop politisé

º        Le jeune n’est plus au cœur du dispositif

º        On n’est plus sur une démarche identitaire du jeune

º        On n’a plus de possibilité d’une non-réponse et, d’autre part, tout le monde se saisit de ce qui relève de la Mission Locale , et, inversement, elle se retrouve à assurer des activités qui relèvent d’autres partenaires.

GR.24. Encore des proposition (Rennes)

2.1.- Rénover la conception de la médiation

º        Faire varier les tâches des conseillers

º        Redonner du temps à l’accueil – faire baisser le nombre de jeunes en suivi par conseiller

º        Repenser la place des jeunes

º        Recentrer les publics ciblés

º        Repartir du local

º        Organiser de vrais bilans

º        Se recentrer sur notre rôle – revaloriser le travail des salariés

º        Lutter contre a notion de guichet unique

º        Réfléchir sur l’utilité pour les jeunes

º        Le principe de l’accompagnement individuel ne suffit plus

º        Officialiser la parole des jeunes

º        Améliorer les liens avec les entreprises

º        Mener des actions concrètes pour recueillir la parole des jeunes

2.2.-Rénover la conception de la Missions Locale. Réaffirmer les missions des Missions Locales

º        On est là pour maintenir la paix sociale

º        Devenir un vrai observatoire qualitatif

º        Repenser le moyen de défendre les jeunes et de parler d’eux au sein d’une structure

º        S’adapter aux besoins des jeunes

º        Repenser la charge administrative

º        Changer la relation avec le monde économique

º        Que les conseillers aient des discours réaliste sur les entreprises

º        Impliquer plus les élus

º        Réapproprier le sens des outils et des mesures.

2.3.- Faire participer les conseillers aux décisions

º        Améliorer la communication entre l’extérieur et l’intérieur

º        Organiser notre présence dans les débats nationaux et régionaux

º        Avoir des présidents à l’écoute des jeunes

º        Aller vers une cogestion

º        Prendre l’opinion des usagers en particulier des jeunes, pour qu’ils soient moins consommateurs

º        Etre associés à la construction de réponses aux besoins des publics et impliquer nos administrateurs à nos structures.

2.4.- Réorganiser le management

º        Réorganiser le partenariat : réduire la composition, réassurer la cohérence entre structures

º        Mettre à plat les dysfonctionnements  avec les Directions et le CA

º        Obtenir que les Directions et les Présidents des Ca se responsabilisent ; qu’ils ne se cachent pas derrière leurs bureaux

º        Assurer la pérennisation des financements.

2.5.            Introduire du collectif

º        Faire des groupes de travail

º        Mener des actions collectives

º        Créer des instances régionales

º        Changer les rapports de compétition avec les partenaires de projets

º        Relancer les réseaux

º        Créer une animation régionale de type nouveau

º        Organiser des rencontres régionales

º        Travailler sur un projet de structure locale

º        Faire évoluer la Convention Collective

º        Créer une délégation à la jeunesse, avec représentation nationale.

2.6.- Relancer l’innovation

º        Nécessité d’apporter des changements

º        Nécessité de développer des engagements de créer des espaces d’innovation collective, nécessité d’apporter des changements collectifs,

º        Donner du temps et un véritable droit reconnu d’en réaliser

º         Faire prendre conscience à l’entreprise de  la nécessité d’innover.

2.7.- Restructurer le réseau

º        Mobiliser l’ensemble du potentiel humain des Missions Locales (salariés et  formateurs)  par le biais régionale ou inter-régionale

2.8.- Et un nouveau statut

º        Le changer éventuellement, voir même le nom de Mission Locale

º        Et créer une Fédération.

08.03.2007

Engagement et professionnalité

Un texte de Claude Coquelle (COPAS, 2006) à télécharger (en lien à droite dans la rubrique "Ils écrivent...)

L’auteur, dans ce texte dense et riche en réflexions philosophiques et éthiques, propose un modèle d’intervention des professionnels du champ social s’appuyant sur un professionnalisme engagé. En effet, d’un côté, la professionnalisation garantie une technicité des compétences spécifiques des intervenants ainsi qu’une réglementation (contrats de travail, règles déontologiques, conventions collectives, analyse de pratiques…) qui donnent un cadre à leur travail. De l’autre côté, afin d’éviter un rapport mortifère au travail pour le professionnel comme pour l’usager, l’engagement du professionnel permet un processus d’enrichissement du travail. Mais cela pose la question des rapports qu’entretiennent les intervenants sociaux avec leurs actes et leurs paroles. Par ailleurs, si cet engagement du professionnel est nécessaire, il doit être éclairé et élaboré en resituant ses engagements dans sa propre histoire. Comment ? En s’appropriant son expérience de vie, en mettant en discussion ses engagements… Enfin, l’engagement ne doit pas être unilatéral, ce qui pose l’enjeu du mouvement actuel de construction d’une part plus active pour les usagers dans l’ensemble du champ social.

L’auteur s’adresse donc à chacun « pour l’inviter à un travail de réflexivité personnelle » mais replace également cette réflexion dans un cadre collectif et la question de l’engagement se trouve dès lors démultipliée, à l’échelle des organisations, des structures, des institutions… Il amène ainsi le lecteur, notamment s’il est professionnel en mission locale, à s’interroger sur son engagement au sein de sa structure, mais aussi plus largement au sein du réseau des missions locales.

Comment allons-nous chacun participer à l’évolution de notre structure ?

Comment allons-nous contribuer à la construction d’un réseau « engagé » ?

A méditer…

Quitterie Delanoé