15.03.2007

GR 23. Un Etat des lieux (Rennes)

1.1.            la Dévalorisation du métier

— Les missions sont dénaturées. Les conseillers perdent leur identité

º Ils deviennent des exécutants adaptables, des commerciaux

º  Ils ne font plus qu’appliquer des méthodes de commerce

º  Ils deviennent des fournisseurs

º  Ils perdent constamment leur légitimité

º  Ils n’ont plus de marge de manœuvre.

— Les objectifs ne sont que chiffrés 

º    La pression des  chiffres à rentrer est considérable

º Seule la rentabilité financière compte ;

º On est condamné à chasser le jeune éligible aux mesures rentables ;

º On doit mettre les jeunes dans des cases ;

º Les mesures et programmes ne sont pas en cohérence avec les besoins ;

º  Le travail d’accompagnement perd sa valeur, il est jugé de plus en plus comme un assistanat.

— L’objectif « emploi », le seul qui compte, se fait au détriment de l’accompagnement et de la relation aux jeunes et du travail partenarial. Et en plus on fait croire qu’on peut l’atteindre et ce n’est pas vrai

º   De plus en plus on gère le flux au détriment de la relation avec le jeune.

º Ils parlent de « mille feuilles du dispositif » et de « parties de ping pong ;

— Les salariés sont fatigués, isolés souffrent.

º Il y a surcharge de travail ;

º Les moyens ne sont pas à la hauteur des commandes ;

º La solitude est grave ; le manque de prise de parole est flagrant ;

º   La complexité des parcours pèse lourd.

— Et ils se sentent même méprisés.

º  Ils disent que parce qu’ils sont militants, ils sont des « emmerdeurs » , des ennemis ;

º  Ils ont souvent honte de ce qu’ils font ;

— Ils se sentent manipulés parce que formatés.

º  L’Etat ne respecte pas les engagements, ils ne peuvent donc pas honorer leurs contrats, et, d’ailleurs, ils ne peuvent pas signer des conventions réalisables.

º    Ils sont mécontents de voir que les jeunes ne s’y retrouvent pas, parce qu’on ne peut plus leur tenir des discours cohérents.

— La précarité de l’emploi des conseillers pèse lourd.

º         Le financement est un piège.

º        Les conditions de travail sont aléatoires, variant avec le financement de l’année.

1.2.-  Ils sont instrumentalisés

1.2.1.- Par le problème du temps

º        Pas de temps de coordination

º        Poids du travail administratif

º        On passe plus de temps à rendre compte quantitativement qu’à agir et réfléchir

1.2.2.- Par les politiques nationales ; on est « au service du politique »

º        Il n’y a pas de lecture locale des dispositifs nationaux

º        Ils doivent remplir « les objectifs liés aux financements »

º        Le contrôle ne se fait que par des indicateurs chiffrés

º        Les mesures et programmes ne sont pas en cohérence avec les besoins

º        Il y a de trop nombreux donneurs d’ordres

º        Les projets nous mettent dans une dynamique de l’urgence et du manque d’anticipation

º        Le partenariat est mis à mal ; il y a concurrence entre partenaires.

1.2.3.- Les logiques ont changé

º        Les Missions Locales se mobilisent surtout dans la gestion des restrictions.

º        Il n’y a que la logique des résultats, en particulier

º        La logique du remplissage se fait au détriment de l’approche des besoins

º        L’objectif emploi se fait au détriment du travail avec les jeunes, et le partenariat l’outil P 3

º        On gère des portefeuilles

º        Les logiques et les critères des financeurs viennent  heurter la logique des terrains

º        L’obligation de répondre à des commandes et des dispositifs modifient la relation au jeune et l’implication de la Mission Locale ,

º        Les injonctions nous lient les pieds et les mains

º        Alors qu’on essaie avec eux d’être dans la vraie vie, on nous insère dans les dispositifs º        Il y a dérive d’anticipation de notre structure.

1.2.4. – La relation avec l’ANPE

º        On en devient des sous-traitants ; or, les conceptions sont différentes ; cela brouille la mission, l’identité

º        Les Missions Locales s’inclinent devant l’ANPE

º        Cela amène une perte de la reconnaissance

º        Clarifier la différence entre ANPE et Missions Locales

º        Revenir à la cohérence entre ANPE et Missions Locales

1.2.5.- La perte de la qualité et des valeurs

º        Comment garder nos valeurs dans ce contexte ?

1.2.6.- Le problème du financement

º        L’important, c’est d’avoir des ressources pour monter des actions

º        C’est ce qui rapporte de l’argent qui devient la base de l’accompagnement.

1.2.7.- Les problèmes avec les Directions et la Convention Collective

º        Les Directions sont seulement sur l’administratif

º        Le poids de la hiérarchie infantilise les salariés

º        Et la Convention Collective a augmenté le poids hiérarchique, et génère une non reconnaissance des compétences.

1.2.8.-L’évaluation est n’importe quoi, et le manque de reconnaissance est grave

º        Les C.R. aux financeurs ne mettent pas en valeur les réels problèmes des jeunes ;

º        L’absence de reconnaissance gêne l’initiation d’actions innovantes

º        Notre travail auprès des jeunes n’est réalisé qu’à travers le placement dans l’emploi et le travail sur l’écoute et l’accompagnement se réduit ;

º        Notre public –parce que ne votant pas- n’intéresse pas les élus ;

º        L’absence de communication rend la lisibilité difficile, d’où question : serait-ce de là que vient la faiblesse d'image ?

1.2.9.- Conséquences

º        On est trop politisé

º        Le jeune n’est plus au cœur du dispositif

º        On n’est plus sur une démarche identitaire du jeune

º        On n’a plus de possibilité d’une non-réponse et, d’autre part, tout le monde se saisit de ce qui relève de la Mission Locale , et, inversement, elle se retrouve à assurer des activités qui relèvent d’autres partenaires.

Commentaires

A propos d'évaluation, et à tout hasard : dans la revue "Lien social" n° 838 du 26/04/2007, une intervention de MOTTAGHI, Mohsen - chef de service éducatif -

"Réflexions autour de l'évaluation"

Extraits : L'évaluation des pratiques et des démarches qualité doit être dédramatisée. Au lieu d'appeler à la désobéissance pour préservé l'intégrité physique des travailleurs sociaux, comme le fait Philippe Morel dans un rebond [référence à un numéro de LS antérieur], ne vaut-il pas mieux au contraire participer à la construction de référentiels pour améliorer notre pratique ?

JL
Documentaliste

Ecrit par : JL44 | 27.04.2007

A propos de financement : "Situation financière des missions locales" http://www.carrefourlocal.org/vie_locale/ministres/actionsociale/117941.html

JL
Documentaliste

Ecrit par : JL44 | 11.05.2007

A propos de reconnaissance : trouvé sur Doc'insert une synthèse très très intéressante

http://docinsert.over-blog.com/article-20415773.html

JL
Documentaliste

Ecrit par : HL78 | 13.06.2008

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