08.03.2007
Engagement et professionnalité
Un texte de Claude Coquelle (COPAS, 2006) à télécharger (en lien à droite dans la rubrique "Ils écrivent...)
L’auteur, dans ce texte dense et riche en réflexions philosophiques et éthiques, propose un modèle d’intervention des professionnels du champ social s’appuyant sur un professionnalisme engagé. En effet, d’un côté, la professionnalisation garantie une technicité des compétences spécifiques des intervenants ainsi qu’une réglementation (contrats de travail, règles déontologiques, conventions collectives, analyse de pratiques…) qui donnent un cadre à leur travail. De l’autre côté, afin d’éviter un rapport mortifère au travail pour le professionnel comme pour l’usager, l’engagement du professionnel permet un processus d’enrichissement du travail. Mais cela pose la question des rapports qu’entretiennent les intervenants sociaux avec leurs actes et leurs paroles. Par ailleurs, si cet engagement du professionnel est nécessaire, il doit être éclairé et élaboré en resituant ses engagements dans sa propre histoire. Comment ? En s’appropriant son expérience de vie, en mettant en discussion ses engagements… Enfin, l’engagement ne doit pas être unilatéral, ce qui pose l’enjeu du mouvement actuel de construction d’une part plus active pour les usagers dans l’ensemble du champ social.
L’auteur s’adresse donc à chacun « pour l’inviter à un travail de réflexivité personnelle » mais replace également cette réflexion dans un cadre collectif et la question de l’engagement se trouve dès lors démultipliée, à l’échelle des organisations, des structures, des institutions… Il amène ainsi le lecteur, notamment s’il est professionnel en mission locale, à s’interroger sur son engagement au sein de sa structure, mais aussi plus largement au sein du réseau des missions locales.
Comment allons-nous chacun participer à l’évolution de notre structure ?
Comment allons-nous contribuer à la construction d’un réseau « engagé » ?
A méditer…
Quitterie Delanoé
23:25 Publié dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
je rejoins ce questionnement ...
et qui plus est, comment faire lorsque la ML est dirigée par une direction "incompatible" à la philosophie inculquée par Bertrand Schwartz.
Conseillère ML, nous nous battons chaque jour avec mes collègues car nous souhaitons mettre en place des idées qui nous paraissent innovantes dans le sens où elles répondraient aux besoins réels des jeunes, et nous ne sommes pas entendues ni soutenues par la Direction.
Cette ML est dirigée depuis plusieurs décennies par une personnalité bientôt en retraite qui lègue sa place (sans recrutement organisé) à une personne qui ne possède ni le charisme, ni la connaissance de notre coeur de métier et ni la compréhension que la participation du jeune est indispensable dans la construction de son parcours.
Par conséquent, les actions spécifiques proposées aux jeunes ne sont pas adaptées (l'absentéisme en témoigne) et les conseillers manquent d'outils et de moyens pour mener à bien leur travail ...
si des témoignages pouvaient nous apporter des idées, notamment sur la procédure de dénonciation collective afin de gagner une Direction de Mission Locale digne de ce nom ...
Ecrit par : Charlotte | 26.03.2007
Bonjour, n'étant pas moi-même conseiller..., je comprends cependant parfaitement votre position, car, à mon niveau, j'ai proposé pendant presque 4 longues années la mise en place d'un outil qui, somme toute me paraissait innovant pour ma structure : un intranet documentaire fondé sur la technologie du libre. A force, j'ai fini par cesser de "me battre" (à quoi bon s'épuiser moralement, le jeu en valant malgré tout la chandelle...) et, miracle (?), c'est à partir de cet instant que l'outil proposé a été adopté (grâce à certains facteurs qu'il ne m'appartient pas d'exposer ici, sinon à moitié peut-être : le départ à la retraite d'une personne...) Quelle patience, m'a-t-on lâché à cette occasion ! Quel dommage (gâchis(?)), pour notre public, ai-je eu envie de répondre...
JL
Documentaliste
Ecrit par : JL44 | 26.03.2007
"Conseiller ML, nous nous battons chaque jour avec mes collègues car nous souhaitons mettre en place des idées qui nous paraissent innovantes dans le sens où elles répondraient aux besoins réels des jeunes, et nous ne sommes pas entendues ni soutenues par la Direction."
Car les conseiller ne sont pas des acteurs de l'insertion, de l'inovation .....ils ne sont que des exécutants de directives, doivent rendent comptes de leurs activité (chiffres p3)..............
soyons beau et gentil........
Ecrit par : cl | 06.04.2007
réponse à cl : j'ai l'impression qu'on pourrait faire partie de la même équipe !
c'est tout à fait ça : " soyons beau et gentil ", faisons du remplissage d'actions pour des projets qui font plaisir aux financeurs...
on se sent moins seuls tout à coup !
charlotte
Ecrit par : Charlotte | 23.04.2007
Je crois qu'on aborde là un des noeud de nos difficultés, le schizophrénie de nos directions qui, sur ce que j'en connais, défendent souvent à l'extérieur la qualité du travail (disons une approche "schwarztienne) et à l'interne ne sont que le relais de la pression aux chiffres et aux résultats immédiats. S'il y a beaucoup de direction qui "n'assure pas", et nous font "souffrir", je crois qu'il faut aller plus loin. D'abord, pour me faire l'avocat du diable, parce qu'elles même doivent être soumises à des pression aux résultats et aux finances considérables. Ensuite, parce que si on prend le profil idéal d'une direction, cela n'existe pas. Qui est à la fois un spécialiste de l'insertion, réfèrent de son équipe, un bon manageur de ressources humaines, un bon gestionnaire financier, et un bon VRP ou politique pour s"attacher" le soutien de nos élus et institutionnels... Autant de qualité, un vrai mouton à 5 pattes. Résultat, comme cela n'existe pas, nous avons des incompétents, des tyrans, des affectifs (souvent les mêmes que les tyrans), des absents, et tout les degrés de ces incompétences... Mais qui serait compétent à leur place ??? Je n'ai pas de réponse, je n'ai pas de système idéal à proposer, mais il est certain qu'il faut changer... Le nombre d'équipes qui se plaignent est incroyable, il serait bien que les directions (elles ont une association, l'ANDML), s'exprime aussi, disent vraiment leur difficulté, et tentent vraiment de les résoudre. Et que les CA et les Présidents soient capable de réguler et de garder ceux qui ont les épaules, bien que c'est surement un truc de dingues, en virant ceux qui détruisent leur équipes.
Ecrit par : Roland | 27.04.2007
Je suis CIP en ML, référent PLIE (100%), comme beaucoup je suis dans un contexte ou pour résumer le quantitatif prime sur le qualitatif.
J'ai cependant une marge par le PLIE une réelle autonomie d'action qui m'est demandé (déplacements réguliers pour travail de réseau, relation entreprise, relation organisme de formation...). Certes, je priorise, je ne peux faire cela pour tous (file active de 129 actuellement au lieu de 80 de la commande officielle, et je suis pas le plus mal loti)
Je crois aussi qu'il nous appartient de poser les enjeux : si le flux prime (commande descendante des directions) il faut en ce cas être honnête avec les publics et dire les conditions de la relation. le contrat est ainsi "plus lisible".
J'ai par exemple 2 bases à saisir (ABC et PARCOURS) et bien j'explique mon organisation aux publics et j'ai alerté ma hiérarchie sur la "presque" absurdité de ces saisies doublons qui ne reflètent pas (mais ce n'est pas leur but). ou pas assez le travail de fond engagé par les CIP. Amalgamées aux travaux administratifs "annexes" nous nous transformons en "experts administratif de l'insertion" et nous jonglons tant bien que mal entre des incohérences : ex. de la triple saisie du registre des chq. mob : 1 tableau spécifique + 1 saisie PARCOURS + 1 saisie ABC(!).
Donc danger car nous produisons de fait des sous systèmes discriminants (choix, cibles, priorités...subjectifs)
Ecrit par : RD | 06.05.2007
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